L’assurance vie est souvent présentée comme un placement de long terme, et pour cause : c’est après 8 ans qu’elle révèle tout son potentiel fiscal. Passé ce cap, votre contrat bénéficie d’un abattement annuel généreux et de taux d’imposition réduits sur les gains retirés. Que vous envisagiez un complément de revenus régulier ou un rachat ponctuel, comprendre précisément comment fonctionne la fiscalité de l’assurance vie après 8 ans vous permettra d’optimiser vos retraits et de limiter votre facture fiscale. Voici tout ce que vous devez savoir pour transformer cet avantage théorique en économies bien réelles.
Comprendre le cadre fiscal global après 8 ans
Après 8 ans, la fiscalité de l’assurance vie devient particulièrement attractive, mais reste souvent mal comprise. En quelques repères simples, vous pouvez distinguer ce qui est imposable, ce qui ne l’est pas et comment vos choix de retrait influencent la facture fiscale. Cette partie pose les bases pour vous permettre de lire ensuite votre contrat et vos relevés avec un œil beaucoup plus éclairé.
Comment fonctionne la fiscalité des gains sur une assurance vie arrivée à maturité ?
Après 8 ans, seuls les gains contenus dans vos retraits sont imposés, jamais le capital que vous avez versé initialement. Concrètement, lorsque vous effectuez un rachat partiel ou total, l’administration fiscale ne regarde que la partie correspondant aux intérêts générés par votre épargne.
Ce mécanisme est fondamental : il vous permet de lisser votre fiscalité dans le temps en organisant vos rachats de manière stratégique. Par exemple, si vous avez versé 50 000 € sur votre contrat et que celui-ci vaut aujourd’hui 70 000 €, seuls les 20 000 € de gains seront potentiellement imposables lors de vos retraits futurs. Et encore, pas forcément en totalité grâce à l’abattement annuel dont nous parlerons plus loin.
Différence entre capital et intérêts lors d’un rachat partiel ou total
À chaque retrait, votre assureur applique automatiquement une formule proportionnelle pour distinguer ce qui relève du capital et ce qui constitue des intérêts. Cette proportion est calculée en fonction de la valeur totale du contrat au moment du rachat.
Prenons un exemple concret : votre contrat vaut 80 000 € et vous avez versé 60 000 € au total. La part de gains représente donc 25 % de la valeur du contrat (20 000 € de gains sur 80 000 €). Si vous retirez 10 000 €, seulement 2 500 € seront considérés comme des intérêts imposables, les 7 500 € restants constituant un remboursement de votre capital.
Cette distinction explique pourquoi deux retraits d’un même montant peuvent avoir un impact fiscal différent selon l’historique et la performance de votre contrat. Plus votre contrat a généré de gains, plus la part imposable de chaque retrait sera élevée.
Quelle fiscalité assurance vie après 8 ans si l’on ne fait aucun rachat ?
Tant que vous ne procédez à aucun retrait, vous n’avez aucun impôt sur le revenu à payer, même après 8 ans. Votre contrat continue de fructifier en toute tranquillité fiscale. C’est l’un des grands atouts de l’assurance vie : vous choisissez le moment de la taxation en décidant quand effectuer vos rachats.
Attention toutefois aux prélèvements sociaux, qui suivent des règles spécifiques. Sur les fonds en euros, ils sont généralement prélevés automatiquement chaque année par l’assureur, au fur et à mesure que les intérêts sont crédités. Sur les unités de compte en revanche, ces prélèvements sociaux de 17,2 % ne sont appliqués qu’au moment d’un rachat ou du dénouement du contrat.
Votre stratégie peut donc consister à laisser grossir votre épargne sans y toucher, en sachant que la vraie question fiscale ne se posera qu’au moment où vous déciderez de retirer des sommes ou lors de la transmission aux bénéficiaires.
Profiter des avantages fiscaux après 8 ans pour optimiser ses retraits

Les 8 ans passés, l’assurance vie devient l’un des placements les plus souples pour dégager un complément de revenus avec une fiscalité allégée. Encore faut-il bien utiliser l’abattement annuel et choisir, le cas échéant, entre prélèvement forfaitaire et imposition au barème. Cette partie vous aide à transformer un avantage théorique en économies bien réelles.
Comment fonctionne l’abattement annuel après 8 ans pour une assurance vie ?
Au-delà de 8 ans, vos gains retirés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Cet abattement s’applique sur la part d’intérêts comprise dans vos rachats, pas sur le montant total retiré.
Concrètement, cela signifie que si vous retirez des sommes dont la part de gains ne dépasse pas ces seuils, vous n’aurez aucun impôt sur le revenu à payer. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % resteront dus sur ces gains.
Imaginons que vous êtes en couple et retirez 30 000 € de votre contrat. Si la part de gains représente 8 000 € (selon la proportion calculée par l’assureur), vous bénéficiez de l’abattement de 9 200 €. Résultat : aucun impôt sur le revenu à payer sur cette opération, uniquement 17,2 % de prélèvements sociaux sur les 8 000 € de gains, soit environ 1 376 €.
Choix entre barème de l’impôt sur le revenu et prélèvement forfaitaire
Pour les versements effectués depuis septembre 2017, vous êtes soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), également appelé flat tax. Après application de l’abattement de 4 600 € ou 9 200 €, les gains excédentaires sont imposés à 7,5 % si vos versements totaux ne dépassent pas 150 000 € par personne, ou à 12,8 % au-delà.
Vous pouvez toutefois opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu lors de votre déclaration annuelle. Cette option peut être intéressante si votre taux marginal d’imposition est inférieur à 7,5 % ou 12,8 %, notamment si vous avez des revenus modestes ou êtes non imposable.
À titre d’exemple, si votre taux marginal est de 11 %, il peut être avantageux d’opter pour le barème plutôt que d’accepter le PFU à 12,8 %. Cette option s’exerce globalement pour l’ensemble de vos revenus du capital, pas uniquement pour l’assurance vie, et doit donc être étudiée attentivement.
Fiscalité assurance vie après 8 ans et plafond de 150 000 € de versements
Le seuil de 150 000 € de versements nets concerne l’ensemble de vos contrats d’assurance vie par assuré, tous contrats confondus. En dessous de ce plafond, les gains retirés après 8 ans sont taxés à 7,5 % (après abattement et hors prélèvements sociaux). Au-delà, le taux passe à 12,8 %.
Ce mécanisme incite à répartir intelligemment vos versements. Un couple peut par exemple ouvrir deux contrats distincts, permettant à chacun de bénéficier du seuil de 150 000 €, soit 300 000 € au total pour le foyer. De même, vous pouvez souscrire plusieurs contrats auprès d’assureurs différents, sachant que c’est le total de vos versements qui compte, pas le nombre de contrats.
| Montant des versements | Taux d’imposition après abattement | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Moins de 150 000 € | 7,5 % | 17,2 % |
| Plus de 150 000 € | 12,8 % | 17,2 % |
Cas pratiques de fiscalité assurance vie après 8 ans selon votre situation

Dans la pratique, la fiscalité de l’assurance vie après 8 ans dépend de montants, de dates de versement, mais aussi de vos besoins de revenus. En vous projetant dans des scénarios concrets, vous verrez comment ajuster vos retraits pour limiter l’impôt. Cette partie traduit les règles en exemples lisibles, pour vous aider à prendre des décisions très opérationnelles.
Retraité cherchant un complément de revenus régulier avec une fiscalité allégée
Marie, 67 ans, possède un contrat d’assurance vie ouvert depuis 12 ans avec 120 000 € de versements et une valeur actuelle de 150 000 €. Elle souhaite se verser 12 000 € par an pour compléter sa retraite.
Sur ses 12 000 € de retrait annuel, la part de gains représente 20 % (proportion de 30 000 € de gains sur 150 000 €), soit 2 400 €. Ces 2 400 € de gains sont totalement couverts par l’abattement de 4 600 € dont elle dispose en tant que célibataire. Résultat : elle ne paie que les prélèvements sociaux de 17,2 % sur ces 2 400 €, soit environ 413 € par an, mais aucun impôt sur le revenu.
En programmant ainsi ses rachats partiels annuels, Marie optimise sa fiscalité tout en préservant son capital. Elle pourra continuer cette stratégie plusieurs années sans dépasser l’abattement, tout en laissant le reste de son contrat fructifier.
Quels impacts fiscaux en cas de rachat important après 8 ans de contrat ?
Jean et Sophie, mariés, ont besoin de 80 000 € pour financer des travaux. Leur contrat vaut 200 000 €, ils ont versé 140 000 € au total. La part de gains dans leur contrat représente donc 30 % (60 000 € de gains sur 200 000 €).
Si Jean et Sophie retirent 80 000 € en une seule fois, la part de gains sera de 24 000 € (30 % de 80 000 €). Après l’abattement de 9 200 € dont ils bénéficient en tant que couple, il reste 14 800 € de gains imposables. Avec un PFU à 7,5 % (leurs versements sont inférieurs à 150 000 € par personne), l’impôt sera de 1 110 €, auxquels s’ajoutent 4 128 € de prélèvements sociaux (17,2 % sur 24 000 €), soit un total de 5 238 € de fiscalité.
Une alternative aurait été de fractionner ce retrait sur deux années : 40 000 € en 2025 et 40 000 € en 2026. Chaque année, la part de gains serait de 12 000 €, largement couverte par l’abattement de 9 200 €. Le couple économiserait ainsi les 1 110 € d’impôt sur le revenu, ne payant que les prélèvements sociaux.
Assurance vie ouverte avant 2017 et versements récents : comment lire sa fiscalité ?
Les contrats anciens peuvent comporter plusieurs strates fiscales selon les dates de versement. Un contrat ouvert en 2010 avec des versements réguliers aura des règles différentes pour les sommes placées avant et après septembre 2017.
Pour les versements antérieurs à septembre 2017 sur un contrat de plus de 8 ans, vous pouvez choisir entre le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) et le barème de l’impôt sur le revenu. Le PFL s’élève à 7,5 % après abattement, quel que soit le montant total de vos versements. Pour les versements postérieurs à septembre 2017, c’est le régime du PFU qui s’applique avec le seuil des 150 000 €.
L’imprimé fiscal unique (IFU) que vous recevez chaque année de votre assureur détaille précisément la répartition fiscale de vos rachats. Ce document indique la part de gains imposable, l’abattement appliqué et le régime fiscal utilisé. Votre relevé de situation annuel vous permet également de suivre l’évolution de votre contrat et d’anticiper la fiscalité de vos futurs retraits.
Autres paramètres à ne pas négliger après 8 ans : succession, prélèvements sociaux, stratégie
La fiscalité après 8 ans ne se limite pas à l’impôt sur le revenu : prélèvements sociaux, transmission et choix des supports jouent aussi un rôle. Bien maîtriser ces aspects vous permet de garder une vision globale, à la fois pour vous et pour vos bénéficiaires. Cette dernière partie vous aide à affiner votre stratégie patrimoniale autour de votre assurance vie.
Comment se combinent fiscalité des retraits et prélèvements sociaux sur une assurance vie ?
Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent systématiquement sur tous les gains de votre assurance vie, y compris ceux qui bénéficient de l’abattement annuel ou qui ne sont pas imposés au titre de l’impôt sur le revenu. Ces prélèvements ne sont donc jamais évitables.
Sur les fonds en euros, votre assureur prélève généralement ces contributions sociales chaque année, directement sur les intérêts générés. Vous ne les voyez pas lors de vos rachats car elles ont déjà été acquittées. Sur les unités de compte en revanche, les prélèvements sociaux sont calculés et prélevés uniquement au moment d’un rachat ou lors du dénouement du contrat, sur les plus-values réalisées.
Même si vous utilisez pleinement votre abattement annuel et ne payez aucun impôt sur le revenu, comptez toujours 17,2 % de prélèvements sociaux sur la part de gains de vos retraits. C’est le prix à payer pour profiter de la souplesse et des avantages fiscaux de l’assurance vie.
Fiscalité assurance vie après 8 ans et transmission du capital aux bénéficiaires désignés
L’ancienneté de votre contrat après 8 ans améliore la fiscalité de vos rachats de votre vivant, mais elle ne modifie pas le régime de transmission en cas de décès. La fiscalité successorale de l’assurance vie suit des règles distinctes, basées principalement sur l’âge auquel vous avez effectué vos versements.
Pour les primes versées avant vos 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € sur les capitaux reçus, puis d’une taxation à 20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Pour les versements effectués après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique (partagé entre tous les bénéficiaires), au-delà duquel les sommes entrent dans l’actif successoral classique.
L’assurance vie reste donc un excellent outil de transmission, particulièrement si vous alimentez vos contrats avant 70 ans. L’avantage fiscal après 8 ans vient compléter cette logique patrimoniale en vous permettant d’organiser des retraits optimisés tout en préparant une transmission avantageuse.
Ajuster sa stratégie de retraits et de versements à long terme sur son assurance vie
Avec un contrat de plus de 8 ans, vous disposez d’un véritable levier de pilotage patrimonial. Vous pouvez choisir de laisser fructifier votre épargne sans y toucher, programmer des rachats partiels réguliers pour générer des revenus complémentaires, ou effectuer des retraits ponctuels selon vos besoins.
Votre stratégie doit concilier plusieurs objectifs : vos besoins de liquidités immédiats, votre situation fiscale actuelle, et vos souhaits de transmission. Si vous avez des revenus suffisants et n’avez pas besoin de rachats, laissez votre contrat se développer pour maximiser le capital transmis. Si vous cherchez un complément de revenus, organisez des rachats annuels en restant sous l’abattement.
N’oubliez pas que vous pouvez également réorienter vos investissements au sein du contrat grâce aux arbitrages, sans aucune fiscalité tant que vous ne faites pas de rachat. Cette souplesse fait de l’assurance vie après 8 ans un placement de choix pour accompagner durablement vos projets patrimoniaux.
La fiscalité de l’assurance vie après 8 ans offre des opportunités réelles d’optimisation. En maîtrisant l’abattement annuel, les seuils de versement et le choix du régime d’imposition, vous transformez votre contrat en un outil efficace de gestion de patrimoine, que ce soit pour vous constituer des revenus complémentaires ou préparer une transmission avavantageuse.
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