La soudure TIG s’impose comme la référence absolue lorsque vous recherchez des cordons fins, propres et précis, notamment sur l’inox, l’aluminium et les pièces fines. Cette technique de soudage à l’arc sous protection gazeuse avec électrode réfractaire en tungstène offre une qualité de résultat inégalée pour les travaux exigeants. Vous vous demandez quel poste choisir, quels réglages adopter et comment éviter les défauts les plus fréquents ? Ce guide vous apporte d’abord les réponses essentielles sur le fonctionnement et les applications du TIG, puis détaille le matériel nécessaire, la technique à maîtriser et les bonnes pratiques pour progresser en toute sécurité.
Comprendre la soudure TIG et savoir si c’est la bonne méthode pour vous
Avant d’investir dans un poste TIG ou de modifier vos habitudes de soudage, il est crucial de cerner ce que cette méthode permet réellement. La soudure TIG possède des caractéristiques techniques spécifiques qui la rendent incomparable pour certains travaux, mais moins pertinente pour d’autres. L’objectif de cette section est de vous permettre de décider rapidement si le TIG répond à votre besoin précis, en fonction des métaux à assembler et du type de projet envisagé.
À quoi sert concrètement la soudure TIG dans vos projets métalliques ?
La soudure TIG, acronyme de Tungsten Inert Gas, excelle dans les assemblages exigeant précision, propreté et esthétique. Cette technique brille particulièrement sur l’inox, l’aluminium, le titane ou les tôles fines allant jusqu’à 0,5 mm d’épaisseur. Vous la retrouverez dans la chaudronnerie fine, la fabrication d’échappements sur mesure, les garde-corps design, les cadres de vélo ou de moto, ainsi que les pièces de mécano-soudure de haute précision.
Le principal avantage du TIG réside dans le contrôle total du bain de fusion. L’électrode en tungstène ne se consume pas, ce qui évite les projections et permet d’obtenir des cordons d’une régularité exceptionnelle. La protection gazeuse, généralement assurée par de l’argon pur, élimine toute oxydation pendant le soudage, garantissant des soudures saines sans décapage ultérieur. Cette caractéristique s’avère particulièrement précieuse pour les métaux sensibles à l’oxydation comme l’inox 304 ou l’aluminium 5083.
Différences essentielles entre soudure TIG, MIG MAG et soudure à l’arc
Contrairement au MIG MAG qui utilise un fil fusible en dévidage automatique, la soudure TIG fonctionne avec une électrode tungstène non fusible et une baguette d’apport manipulée séparément. Cette différence fondamentale modifie totalement l’approche du soudeur. En MIG MAG, votre main droite tient la torche et c’est le poste qui gère l’apport de métal. En TIG, vos deux mains travaillent indépendamment : la droite stabilise l’arc et la gauche apporte le métal au bon moment.
La soudure à l’arc avec électrode enrobée reste plus tolérante aux conditions de travail difficiles. Elle accepte mieux les surfaces imparfaites et fonctionne en extérieur malgré le vent. Cependant, elle génère du laitier à éliminer et produit des cordons moins esthétiques. Le TIG demande une préparation rigoureuse des surfaces et un environnement protégé, mais offre une finition incomparable et une polyvalence sur tous les métaux conducteurs.
| Procédé | Vitesse | Finition | Polyvalence métaux | Facilité d’apprentissage |
|---|---|---|---|---|
| TIG | Lente | Excellente | Très élevée | Difficile |
| MIG MAG | Rapide | Bonne | Moyenne | Moyenne |
| Électrode enrobée | Moyenne | Correcte | Moyenne | Facile |
Dans quels cas la soudure TIG n’est pas le procédé le plus pertinent ?
La soudure TIG montre ses limites sur les grosses épaisseurs et les longues séries. Au-delà de 6 mm d’acier en une seule passe, le MIG MAG devient plus productif et économique. Pour les travaux de charpente métallique, de construction de portails standards ou de réparation agricole, l’électrode enrobée ou le semi-automatique s’imposent naturellement.
Le TIG exige également un environnement relativement propre et stable. En situation de chantier, avec de la poussière, du vent ou des surfaces rouillées, la protection gazeuse devient inefficace et les résultats se dégradent rapidement. De même, si vous débutez totalement en soudage, la courbe d’apprentissage du TIG peut décourager. Il faut compter entre 20 et 40 heures de pratique pour commencer à produire des cordons réguliers, contre 5 à 10 heures en électrode enrobée.
Enfin, le coût d’équipement initial reste significatif. Un poste TIG AC DC de qualité démarre autour de 800 euros, auxquels s’ajoutent les bouteilles de gaz, les consommables et les accessoires. Pour un usage occasionnel ou des budgets serrés, d’autres procédés offrent un meilleur retour sur investissement.
Choisir et régler son poste à souder TIG pour un résultat propre

Le choix du poste TIG et de ses réglages conditionne directement la qualité de vos soudures. Entre les différents modes de courant, les paramètres d’intensité, le type de gaz et le diamètre de tungstène, il est facile de s’y perdre au début. Cette section vous aide à sélectionner un équipement adapté à votre usage réel et à comprendre les réglages de base pour limiter les essais hasardeux et progresser rapidement.
Comment choisir un poste à souder TIG adapté à votre usage réel ?
La première question concerne les métaux que vous comptez souder. Un poste TIG DC (courant continu) suffit amplement pour l’acier et l’inox, avec des modèles fiables disponibles dès 400 euros. En revanche, pour souder l’aluminium ou le magnésium, vous devez impérativement choisir un poste TIG AC DC, capable de basculer en courant alternatif. Ce type d’équipement débute autour de 800 euros pour les modèles d’entrée de gamme professionnels.
L’épaisseur maximale à souder détermine la puissance nécessaire. Comptez environ 40 ampères par millimètre d’épaisseur pour l’acier. Pour travailler jusqu’à 3 mm, un poste de 120 ampères convient. Au-delà, visez 160 à 200 ampères. Vérifiez également votre alimentation électrique : les postes jusqu’à 160 A fonctionnent généralement en 230 V monophasé, tandis que les modèles plus puissants requièrent du 400 V triphasé.
Les options qui font la différence au quotidien incluent l’amorçage haute fréquence (HF), qui permet de démarrer l’arc sans contact et préserve l’électrode tungstène. Le réglage de rampe (up slope et down slope) facilite les départs et fins de cordons. La fonction pulsée améliore le contrôle du bain sur les pièces fines et réduit les déformations. Enfin, privilégiez les torches TIG flexibles et légères si vous travaillez en finition ou sur des durées prolongées.
Réglage de l’intensité, polarité et gaz pour une soudure TIG stable
L’intensité de soudage dépend de l’épaisseur du métal, mais aussi de votre vitesse de déplacement et de la position de soudage. Pour l’acier, une règle empirique consiste à utiliser 30 à 40 A par millimètre d’épaisseur en position à plat. Par exemple, pour une tôle de 2 mm, démarrez avec 70 A et ajustez en observant le bain. Si celui-ci s’étale trop ou perce, réduisez l’intensité. S’il reste trop compact et ne pénètre pas, augmentez-la.
Pour l’acier et l’inox, utilisez le mode DC avec polarité directe (électrode au pôle négatif). L’aluminium nécessite le mode AC, qui combine les avantages du décapage de surface et de la pénétration. Certains postes TIG AC DC modernes permettent de régler le pourcentage de chaque polarité pour optimiser le résultat selon l’alliage d’aluminium.
Concernant le gaz, l’argon pur (Ar 100 %) reste le standard pour la plupart des applications. Réglez le débit entre 8 et 12 litres par minute selon la taille de votre buse et les courants d’air. Pour l’inox épais, un mélange argon-hydrogène (95/5) améliore la pénétration et la vitesse de soudage. Sur l’envers des soudures inox, pensez à utiliser un gaz de protection dorsale (formage) pour éviter l’oxydation qui fragilise le cordon.
Accessoires indispensables : torche TIG, électrodes, tungstène et consommables
La torche TIG constitue votre outil de travail direct. Les torches refroidies par air conviennent jusqu’à 150 A et offrent légèreté et simplicité. Au-delà, les torches refroidies par eau deviennent nécessaires pour éviter la surchauffe et prolonger la durée de vie des consommables. Privilégiez les modèles avec col flexible et poignée ergonomique pour les travaux de précision.
Le choix du tungstène influence directement la stabilité de l’arc. Les électrodes tungstène cérium (WC20, bout gris) ou lanthane (WL15, bout or) offrent un excellent compromis pour l’acier et l’inox. Elles s’amorcent facilement et supportent bien les intensités moyennes. Pour l’aluminium en mode AC, le tungstène pur (WP, bout vert) ou zirconium (WZ8, bout blanc) résiste mieux à la formation de billes. Le diamètre se choisit selon l’intensité : 1,6 mm jusqu’à 80 A, 2,4 mm de 80 à 160 A, 3,2 mm au-delà.
Les consommables à surveiller incluent les buses céramique, qui se fissurent avec le temps et compromettent la protection gazeuse. Les pinces porte-électrode s’usent également et perdent en conductivité. Gardez toujours en stock des joints de torche, des collets de serrage et des diffuseurs de gaz. Une buse encrassée ou fissurée explique souvent des porosités mystérieuses sur des pièces pourtant bien préparées.
Maîtriser la technique de soudure TIG et les gestes pour progresser

Une fois équipé, tout se joue dans la préparation des pièces, la gestion du bain et la coordination de vos deux mains. La soudure TIG demande plus de finesse que d’autres procédés, mais elle devient rapidement fluide avec une bonne méthode. Cette section détaille les étapes pratiques, de la mise en place initiale jusqu’à l’obtention de cordons réguliers, avec des repères concrets pour évaluer vos progrès.
Préparation des pièces et réglages de base avant d’attaquer le premier cordon
Un bon décapage mécanique constitue la base d’une soudure TIG réussie. Sur l’acier, un simple meulage ou brossage avec une brosse inox dédiée suffit pour éliminer la calamine. L’inox exige un dégraissage à l’acétone après brossage, car toute trace d’huile ou d’empreinte digitale provoque des porosités. L’aluminium nécessite un décapage chimique ou un brossage avec une brosse inox spécifique aluminium pour casser la couche d’oxyde, suivi d’un dégraissage soigneux.
Les bords à assembler doivent être correctement ajustés, avec un écart minimal et régulier. Pour les tôles fines (moins de 2 mm), un simple bord à bord suffit. Au-delà de 3 mm, prévoyez un chanfrein en V pour permettre la pénétration complète. Utilisez des serre-joints adaptés ou des aimants de soudeur pour maintenir les pièces, en veillant à ne pas créer de contraintes excessives qui provoqueraient des déformations.
Avant d’amorcer l’arc, vérifiez systématiquement ces points : débit de gaz réglé et bouteille ouverte, tungstène affûté en pointe (60° pour l’acier et l’inox) et dépassant de 3 à 5 mm de la buse, mise à la masse bien serrée sur une zone propre, proche de la zone de soudage. Un mauvais retour de masse génère un arc instable et des amorçages difficiles.
Gérer le bain de fusion TIG et l’apport de métal sans créer de défauts
En soudure TIG, votre main dominante guide la torche tandis que l’autre gère la baguette d’apport. La torche se tient avec un angle de 60 à 80° par rapport à la pièce, légèrement inclinée dans le sens de progression. La distance entre le tungstène et le bain reste constante, environ 2 à 3 mm, ce qui demande de suivre le niveau du bain qui descend dans le joint.
Le bain de fusion idéal présente une forme ovale légèrement allongée, d’environ 2 à 3 fois le diamètre du tungstène. Il doit rester brillant et fluide, avec des bords nets. Un bain trop étalé indique une intensité excessive ou une progression trop lente. Un bain qui ne se forme pas correctement signale une intensité trop faible ou une vitesse excessive.
L’apport de métal se fait par petites touches régulières, en plongeant l’extrémité de la baguette dans le bord avant du bain. Le rythme classique consiste à avancer la torche, plonger la baguette, avancer la torche, plonger la baguette, dans un mouvement fluide et régulier. Évitez de sortir la baguette de la protection gazeuse pour limiter son oxydation, qui contaminerait le bain. Pour les cordons sans apport (fusion des bords uniquement), concentrez-vous sur le maintien d’une vitesse constante et d’une distance tungstène-pièce régulière.
Comment s’entraîner efficacement au TIG sans gaspiller temps et métal ?
Commencez toujours sur des chutes d’acier doux de 2 à 3 mm d’épaisseur, le métal le plus tolérant pour débuter. Découpez des plaques de 100 x 50 mm que vous assemblerez bord à bord. Les premières heures, entraînez-vous uniquement à faire fondre le bord des plaques sans apport de métal, pour stabiliser votre geste et votre arc.
Une fois l’arc maîtrisé, introduisez progressivement la baguette d’apport. Commencez par des cordons droits en position à plat, puis passez aux angles en position horizontale. La position verticale montante arrive ensuite, suivie de la plafond qui demande le plus de maîtrise. Répétez le même exercice 10 à 15 fois avant de passer au suivant, en conservant vos pièces d’essai pour visualiser vos progrès.
Pour accélérer l’apprentissage, filmez vos séances avec un smartphone. La relecture permet d’identifier les défauts de posture, les variations de distance ou les irrégularités de vitesse que vous ne percevez pas en soudant. Consacrez des sessions courtes mais régulières : 30 minutes quotidiennes donnent de meilleurs résultats que 3 heures le week-end. Votre cerveau et vos muscles ont besoin de répétition régulière pour automatiser les gestes.
Qualité, sécurité et problèmes fréquents en soudure TIG à connaître
Même bien équipé et formé, vous rencontrerez inévitablement des problèmes typiques de la soudure TIG : porosités mystérieuses, cordons irréguliers, contamination du tungstène ou déformations excessives. Parallèlement, la sécurité ne doit jamais être négligée, car le TIG génère des rayonnements UV intenses et des fumées nocives. Cette dernière section vous aide à sécuriser votre pratique et à corriger les défauts récurrents qui freinent votre progression.
Comment éviter les défauts de soudure TIG les plus courants au quotidien ?
Les porosités représentent le défaut le plus fréquent en soudure TIG. Elles apparaissent comme de petits trous ou cratères dans le cordon. Les causes principales incluent un débit de gaz insuffisant (moins de 8 L/min), une buse fissurée ou sale, des courants d’air, ou une préparation insuffisante des bords. Sur l’aluminium, une porosité généralisée signale souvent une couche d’oxyde mal éliminée. Vérifiez systématiquement votre protection gazeuse avant de chercher des causes plus complexes.
Les cordons trop bombés ou trop plats révèlent un problème de réglage ou de technique. Un cordon excessivement convexe indique généralement une vitesse de déplacement trop rapide ou une intensité trop élevée pour la quantité d’apport. Un cordon plat ou concave signale une vitesse trop lente ou un manque d’apport métallique. Le cordon idéal présente une légère convexité régulière, avec une largeur équivalente à 2 à 3 fois le diamètre de la baguette.
La contamination du tungstène se produit lorsque celui-ci touche le bain de fusion ou la baguette d’apport. L’électrode noircit et l’arc devient instable avec des crachements. La seule solution consiste à couper la partie contaminée et réaffûter le tungstène. Pour éviter ce problème, maintenez toujours une distance de sécurité et ne plongez jamais la baguette trop profondément dans le bain.
Sécurité en soudure TIG : protections indispensables et erreurs à proscrire
La soudure TIG émet un rayonnement UV particulièrement intense, bien supérieur aux autres procédés. Un masque de soudage à verre teinte 10 à 12 devient obligatoire, avec un masque à cristaux liquides recommandé pour le confort. Ne soudez jamais, même quelques secondes, sans protection oculaire adaptée. Les lésions cornéennes surviennent rapidement et peuvent devenir chroniques.
Les gants de soudage TIG doivent être fins pour conserver la dextérité, mais suffisamment résistants. Les modèles en cuir souple (chèvre ou agneau) pour la main tenant la baguette, et en cuir plus épais pour la main à la torche, offrent le meilleur compromis. Portez des vêtements en coton épais ou en cuir, jamais en synthétique qui fond et colle à la peau en cas de projection. Les manches longues et le col fermé protègent des coups de soleil par UV.
L’environnement de travail doit être correctement ventilé, surtout lors du soudage d’inox, d’aluminium ou de métaux revêtus. Les fumées de chrome hexavalent (inox) et d’ozone (aluminium) présentent des risques sanitaires sérieux. Installez une aspiration localisée ou travaillez sous hotte. Gardez un extincteur à portée de main et éloignez tous produits inflammables, solvants et aérosols de votre zone de soudage. Vérifiez l’état des câbles, de la torche et de la bouteille de gaz avant chaque session.
Comment entretenir son matériel de soudure TIG pour durer et rester performant ?
Un entretien régulier prolonge significativement la durée de vie de votre équipement TIG et garantit des soudures de qualité constante. Nettoyez la buse céramique après chaque session avec une brosse métallique douce pour éliminer les projections. Remplacez-la dès l’apparition de fissures, même fines, car elles perturbent la protection gazeuse et génèrent des porosités difficiles à diagnostiquer.
L’affûtage du tungstène mérite une attention particulière. Utilisez une meuleuse dédiée exclusivement à cet usage pour éviter les contaminations. Affûtez avec des stries longitudinales dans le sens de l’électrode, jamais perpendiculaires, pour favoriser la stabilité de l’arc. Un affûtage propre et régulier améliore considérablement la précision du démarrage et la concentration de l’arc.
Contrôlez régulièrement l’étanchéité du circuit gaz en appliquant de l’eau savonneuse sur les raccords sous pression. Une fuite, même minime, réduit la protection et augmente votre consommation de gaz. Vérifiez également la propreté et le serrage du câble de masse : une connexion oxydée crée des résistances qui déstabilisent l’arc et réduisent la puissance disponible.
Stockez vos baguettes d’apport TIG à l’abri de l’humidité et de la poussière, idéalement dans des tubes fermés. Les baguettes d’aluminium s’oxydent rapidement à l’air libre et deviennent inutilisables. Rangez votre torche suspendue ou posée sans pliure excessive du câble. Après une longue période d’inutilisation, faites tourner le poste quelques minutes à vide pour vérifier son bon fonctionnement avant d’attaquer un travail important.
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